Collectage: Vannerie

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Photos: village des vieux métiers 2010

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Le Village des Vieux Métiers 2010

les 12 et 13 juin 2010 à Saint-Arcons-de-Barges

La 2ème édition du « Village des vieux Métiers », une édition réussie !

Cette année, la manifestation c’est déroulée sur un week-end afin de permettre aux artisans et aux visiteurs de profiter pleinement de cet événement.

Nouveautés 2010 : Plus de spectacles et d’animations pour tout public, plus d’exposants, restauration sur la place du village.

Le samedi soir :

* théâtre avec la compagnie Latitude (« La petite république des herbeaux »)

Une pièce à voir et à revoir !!

* concert avec « Entre Guillemets »:

et les « Zozos de la Zik »: http://www.myspace.com/leszozosdelazizique

animation musicale avec l’équipe de la « Sauce Méjeanne »:

Afin de préserver l’aspect authentique du festival, nous avons exposé des métiers ancestraux d’art et d’artisanat : taille de pierre, gravure, forge, poterie, reliure, vannerie, émaillage, lutherie, tournage sur bois…  et aussi des savoirs traditionnels divers. Chaque exposant était installé devant une maison du village de Saint Arcons de Barges afin de placer le public dans un contexte d’un autre temps.

lasaucemejeanne@gmx.fr

Marché aux paniers

Article de l’EVEIL, Village des vieux métiers 2010

Article complet de J-L CHALLIER de L’EVEIL

SAINT ARCONS de BARGES

A la découverte des  vieux métiers

La deuxième édition de la fête des vieux métiers s’est tenue le week-end des 12 et 13 juin avec un succès que les grimaces de la météo ne laissait pas espérer : plusieurs centaines de personnes ont rendu visite à cette manifestation organisée par l’association « La Sauce Méjeanne » et qui a apporté dans le village couleur, vie et chaleur pour le plaisir de tous. Peut-être bien que le Nouveau Lourdes, blottis dans le flanc de rocher n’était pas étranger au renouvellement du miracle …!

Dès samedi matin les exposants aidés par les organisateurs ont mis en place leurs stands et peu à peu tout a connu une animation inhabituelle. Mais c’est à partir de l’après midi que les visiteurs, les amateurs et les curieux ont commencé à affluer pour découvrir ou mieux connaître ces métiers anciens parfois totalement disparus.

Du cheval aux couleurs

Dès l’arrivée par le bas du village, un petit pré particulier était transformé en zone de ferrage : quelques ânes et poneys attendaient que Bruno, maréchal-ferrant à Ouides, fasse le nécessaire pour avoir à nouveau chaussure à leur sabot. Comme toujours, le spectacle avait attiré grands et  petits, car le limage de la corne, la préparation du fer porte-bonheur quand on le trouve avec sept clous, la mise en place et la dextérité de l’ouvrier ne sont plus si fréquents à observer. Il ne reste plus que quelques artisans, itinérants grâce aux nouvelles forges mobiles, alors que chaque village abritait jadis un maréchal-ferrant souvent forgeron .

Un peu plus loin le stand du journal Volcan, bien connu dans la région où il tisse un lien entre les populations d’un même territoire, affichait une collection de vieilles cartes postales et les posters géants d’articles ou de couvertures d’anciens numéros. Les visiteurs étaient nombreux à s’arrêter pour évoquer une anecdote oubliée et discuter avec Georges, une des chevilles ouvrières de cette revue qui n’a pas cessé de progresser durant ses 48 parutions. Elle organisera d’ailleurs le 21 août à Pradelles une grande fête de la mémoire à l’occasion de la sortie du cinquantième numéro. Cette revue qui évoque le passé local, les traditions et l’histoire parfois effacée de notre pays était comme un symbole dans ce regroupement des métiers évoquant la vie d’autrefois.

Saviez vous que les fruits, les fleurs, même les feuilles et les racines ont fourni durant des siècles les couleurs pour l’écriture, la décorations et les peintures ? C’est ce que Joëlle, du Puy, explique avec autant de sourire que de talent, parlant de la teinture à la pelure d’oignon, expliquant l’utilisation par Van Gogh de son vert d’iris typique, faisant une  démonstration de fabrication de l’encre gallique préparée à partir de sels métalliques et de tanins végétaux et  qui existe depuis 4500 ans « On peut se réapproprier les ressources naturelles des plantes et des fleurs pour de très nombreuses utilisations : la gomme du cerisier a autant de propriété que la gomme arabique, la chélidoine a des vertus ophtalmiques découvertes en observant les oiseaux déposer une perle de sa sève dans les yeux des oisillons et le fer en solution vinaigrée donne un fond de rouille sur lequel on peut écrire avec des encres provenant de divers tanins » Voilà qui explique l’aspect jauni des parchemins !

Vannerie et paillage

Pendant que des jeunes et moins jeunes rivalisaient d’adresse devant ces jeux en bois qui faisaient la joie de nos aïeux dans les fêtes votives ( jeux des anneaux, du casse noix, du panier…), des enfants goûtaient le plaisir de la ballade à dos d’âne. Devant l’ancien couvent à la voûte gravée de la date mémorable 1814, les promeneurs pouvaient admirer Stéphane, l’instituteur, vannier par plaisir et passion, qui travaille le châtaigner, le roseau, l’osier, la clématite et la ronce, jouant sur les divers matériaux refendus pour obtenir des effets de couleurs sur ses ouvrages. Un travail long et minutieux, sans comparaison avec les objets de vannerie manufacturés, et l’astucieux panier à cerises avec sa branche fourchue pour le suspendre à l’arbre témoignait de l’imagination dans la conception.

A quelques pas, Thérèse, de La Séauve sur Semène, faisait la démonstration de son art du rempaillage de sièges à l’ancienne: à la paille des marais, à la paille de seigle, ou cannage traditionnel. Les spectateurs étaient intéressés parfois à double titre par cet atelier cache paille : en satisfaisant une légitime curiosité devant un artisanat aujourd’hui rarissime,  certains, n’avaient-ils pas aussi, au fond de leur grenier, une vielle chaise de dentellière ou un archaïque fauteuil issue d‘une brocante ou d’un histoire familiale, auxquels ils souhaitaient redonner vie ?

Céramiques en tout genre.

Vous connaissez tous la pierre de Volvic, cette pierre auvergnate résistante à de très hautes températures et insensible à la corrosion des acides, ce qui la faisait utiliser autrefois par l’industrie chimique pour bâtir les fours de préparation d’acide sulfurique. Marie Alexandra l’utilise à tout autre chose, elle en fait des carreaux de lave émaillés par cuisson après application de couleurs. De merveilleux objets de décoration qui suscitaient tentation et convoitise de toutes les dames approchant de son étal.

Mais, connaissiez-vous le  « Raku » (prononcez : racou)? Le mot signifie « le bonheur dans le hasard » et c’est un procédé de cuisson de poteries lié à la fabrication de bols pour la cérémonie du thé, découvert en Corée et développé au Japon au 16ème siècle. La poterie modelée en grès est cuite à 980°, puis recuite à cette température après la pose d’un sel métallique pour l’émailler et rapidement sortie du four. Le choc thermique fait tressaillir l’émail et provoque ses craquelures. Ensuite, l’enfumage dans un récipient rempli de paille noircit les zones non émaillées et métallise partiellement l’émail. Pierre, en artiste,  recherche le contraste entre le brillant de cet émail qu’il prépare à partir de nitrate d’argent et le mat du tesson noirci. Il en résulte des objets aux merveilleuses craquelures argentées et aux formes utilitaires ou décoratives du meilleur effet, faisant l’admiration de tous les visiteurs.

Comme au Moyen Age

Joseph, de Saint Julien Copelle, a eu la chance de pouvoir récupérer le vieux tour à bois à pédale qu’il convoitait depuis longtemps : au bas de la montée vers l’Eglise, il faisait donc avec joie la démonstration de cet outil antique, tournant bol, mortier, pilon  ou chandelier avec une remarquable maîtrise car toute l’habileté réside dans l’angle de coupe de l’outil parfaitement affûté et surtout dans le coup de main virtuose de celui qui le tient pendant que ses jambes sans relâche et malgré la fatigue servent de moteur régulier à cet engin rustique.

Tout près de lui  Dominique, le luthier de St Julien Chapteuil, expose son travail : des Vielles à roue qu’il fabrique dans de l’érable ou de l’épicéa, bois bien connus pour leur qualité acoustique. Ils ne sont plus qu’une dizaine en France à fabriquer cet instrument issu du moyen âge et qui aujourd’hui est utilisé non seulement pour des reconstitutions mais aussi par des groupes contemporains. Il explique à ses auditeurs étonnés, grâce à un instrument en cours de fabrication et un autre complètement terminé, le rôle de la roue qui sert d’archet sans fin  et le jeu subtil de la manivelle qui permet soit un jeu doux et continu soit de brèves saccades au gré du musicien.

Mais c’est sur la place de l’Eglise que l’évocation ancestrale restait la plus forte. Comme au temps des cathédrales, deux tailleurs de pierre sont là : pendant que Franck sculpte dans un bloc une gargouille, semblant trouver son inspiration dans un motif du porche, Thierry fait la démonstration de la taille d’une pierre en la tranchant aux coins d’acier. Tous deux font partie de l’association «  Galet Dore » et expliquent qu’il ne faut surtout pas se tromper dans la face ou le sens de la pierre à travailler. La précision du maillet sur le ciseau du premier et l’efficacité redoutable des coins du second faisaient l’admiration de leurs spectateurs qui ne dédaignaient pas non plus de jeter un coup d’œil sur la table où étaient exposés ciseaux, massettes, maillets ronds et bouchardes de divers types.

Soirée de fête

Le temps étant resté clément, organisateurs et invités se sont retrouvés le soir autour de la grande table pour un repas-grillades festif, comme jadis quand tout un village se retrouvait unis dans une même joie après une longue journée de  travail. Ce repas pris en commun, l’ensemble « Tendu comme un swing » interpréta à l’accordéon et à la guitare des chansons d’avant guerre pour garder la cohérence avec toute la manifestation placée sous le signe du passé. Puis, dans la salle des fêtes, comble à craquer et transformée en théâtre, la troupe « Latituds » joua une fable comique et contemporaine «  La petite république des Herbeaux », pièce de circonstance où les deux personnages, Marion et Toine, ne plient pas devant le temps qui passe : enracinés dans leur terre maternelle, ils résistent à l’appel de la ville par amour de leur coin de terre et un réfugié, seul et sans famille, frappe un jour à leur porte…

Après ce spectacle lui aussi en harmonie avec le thème général du week-end, « Les Zozos de la zik » offrirent une improvisation musicale pour la plus grande satisfaction de tous les participants à cette fête villageoise, amicale et particulièrement réussie.

Une association en progrès constant

L’association « La Sauce Méjeanne », organisatrice pour la deuxième fois de cette rencontre des vieux métiers, s’est créée voilà six ans. Au départ, c’était un groupe réuni par l’amour de la musique et de l’accordéon diatonique. Peu à peu elle s’est renforcée d’adhérents toujours unis par la passion de collecter, garder et transmettre les savoirs d’autrefois. Elle est présente lors des fêtes du Roi de l’Oiseau et s’investit dans tout ce qui touche au traditionnel. Pour le vice-président Antoine Fargette, sculpteur et tailleur de pierre à Costaros, «  Notre association a pour but de faire revivre et de transmettre les savoirs et savoirs-faire traditionnels. Elle est le résultat des passions ressenties par ses membres du plateau de Cayres-Pradelles amoureux de l’artisanat et la culture locale ». Son Président Fabrice Vassort, Conseiller Agricole, complète la définition « Nous voulons donner un  nouveau souffle à ces vieux métiers et entraîner les visiteurs dans un voyage dans le temps grâce aux jeunes qui ont pris le relais » et il conclue «  on tient remercier tout le monde : Jean-Pierre Jouve, l’auteur local bien connu du livre apprécié – St Arcons de Barges ma commune- qui nous a fait l’honneur d’être présent, les centaines de  personnes qui sont venues nous rendre visite, les habitants qui nous ont apporté leur concours et mis à disposition leurs jardins et souvent leur bras et bien sûr la municipalité pour son soutien moral et son aide matérielle sans lesquels rien n’aurait été possible. ». Il ne restait plus qu’à les féliciter et les encourager pour organiser l’an prochain la troisième édition des vieux métiers.

Article de Mathilde Royer du Renouveau: Village des vieux métiers 2010